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Aix-Marseille Université
Institut de Mathématiques de Marseille (I2M) - UMR 7373
Site Saint-Charles : 3 place Victor Hugo, Case 19, 13331 Marseille Cedex 3
Site Luminy : Campus de Luminy - Case 907 - 13288 Marseille Cedex 9

Soutenance de thèse

Complexité et minimalité pour les substitutions et les mots lisses

Raphaël Henry
I2M

Date(s) : 12/06/2026   iCal
10h00 - 12h30

Le jury sera composé de :
  • Irène Marcovici (rapportrice) – Univ. Rouen Normandie
  • Reem Yassawi (rapportrice) – Queen Mary Univ. of London
  • Fabien Durand (président du jury) – Univ. Picadrie Jules Verne
  • Emmanuel Jeandel (examinateur) – Univ. de Lorraine
  • Julien Leroy (examinateur) – Univ. de Liège
  • Michaël Rao (examinateur) – ENS de Lyon
  • Nicolas Bédaride (directeur de thèse) – Aix Marseille Univ.
  • Étienne Moutot (co-directeur de thèse) – Univ. Grenoble Alpes
Résumé :
La dynamique symbolique et la combinatoire des mots sont deux approches complémentaires pour évaluer la complexité des mots infinis, ces derniers étant souvent des versions discrètes de processus plus complexes. Cette thèse explore deux notions centrales pour décrire les mots infinis : la complexité des facteurs est la fonction qui compte les mots finis de chaque longueur, et la récurrence uniforme/minimalité est une propriété qui contrôle la répartition des occurrences de chaque facteur.
Les substitutions sont une des principales manières de générer des mots infinis et ont donné naissance à une théorie prolifique qui est au cœur de la dynamique symbolique. En nous intéressant d’abord au problème du calcul de la complexité d’une suite morphique donnée, nous présentons une revue des résultats de Pansiot et de Devyatov qui décrivent les classes de complexité possibles. Ensuite, en nous fondant sur la caractérisation des sous-shifts substitutifs minimaux donnée récemment par Shimomura, nous étudions à quel point un sous-shift peut être non-minimal. Pour cela nous caractérisons et comptons les composantes minimales de ces sous-shifts.
Au-delà du cadre substitutif, la suite de Oldenburger-Kolakoski pose des questions notoirement difficiles à propos de sa récurrence, de sa complexité et de ses fréquences. En considérant la généralisation que sont les suites lisses sur des alphabets de deux entiers, nous présentons nos contributions à deux problèmes sur ce sujet. En premier nous étudions la complexité du langage des mots lisses, dont la conjecture est qu’elle croît comme Θ(n^ρ) où ρ dépend de l’alphabet. Nous prouvons la borne inférieure dans le cas général et la borne supérieure quand les deux lettres sont des entiers pairs, et nous améliorons la borne supérieure quand les deux lettres sont des entiers impairs. En second nous étudions les suites lisses sur les alphabets pairs et impairs, qui ont l’avantage d’avoir une représentation S-adique. Nous prouvons que ces suites sont uniformément récurrents, et, avec des conditions sur l’alphabet, qu’ils ont une complexité linéaire et sont uniquement ergodiques.
Mots clés : Dynamique symbolique, combinatoire des mots, complexité des facteurs, minimalité, substitutions, mots lisses

Abstract:

Symbolic dynamics and combinatorics on words are two complementary approaches to evaluate how complex infinite words are, where infinite words are often seen as discrete representations of more complex processes. This thesis explores two major notions to describe infinite words: the factor complexity is the function that counts the number of finite words of each length, and uniform recurrence/minimality is the property that controls how occurrences of finite words are spread.
Substitutions are one of the primary ways to generate infinite words and gave birth to a fruitful theory in symbolic dynamics. Driven by the problem of computing the complexity class of a given morphic sequence, we begin by presenting a review of the results of Pansiot and Devyatov that describe the possible complexity classes. Then, inspired by the recent characterization of minimal substitution subshifts by Shimomura, we investigate how non-minimal a substitution subshift can be. To do so we characterize and count the minimal components of these subshifts.

Beyond the substitutive framework, the famous Oldenburger-Kolakoski sequence raises difficult questions about its recurrence, its factor complexity and its frequencies. By considering a generalization called smooth sequences over 2-integer alphabets, we present contributions to two connected problems. We first study the factor complexity of the language of smooth words, which is conjectured to grow like Θ(n^ρ) where ρ depends on the alphabet. We prove the lower bound in the general case and the upper bound when the two letters are even integers, and we improve the known upper bound when the two letters are odd integers. Then we study smooth sequences over even and odd alphabets, which happen to have an S-adic representation. We prove that these sequences are uniformly recurrent, and, under conditions on the alphabet, that they have linear factor complexity and are uniquely ergodic.
Keywords: Symbolic dynamics, combinatorics on words, factor complexity, minimality, substitutions, smooth word

Emplacement
Saint-Charles - FRUMAM (2ème étage)

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