L’équipe du Pr Jacquier (La Timone), en collaboration avec Badih Ghattas (I2M), développe l’interface Smart Lungs

Smart Lungs : Radiologie, intelligence artificielle et COVID 19

Un algorithme d’intelligence artificielle permettant de quantifier automatiquement l’extension des lésions COVID a été développé par le service de Radiologie du Pr JACQUIER à l’Hôpital de la Timone, en collaboration avec Badih GHATTAS de l’Institut de Mathématiques de Marseille. Une véritable prouesse, puisque les équipes ont mis au point ce dispositif en deux mois à peine.

« La COVID provoque des lésions qui sont très difficiles à déceler par radiographie du thorax. En comparaison, le scanner permet d’avoir une vision beaucoup plus précise de l’extension des lésions. La mesure manuelle de l’extension des lésions parenchymateuses sur un scanner prend 15min environ par patient. En temps de crise sanitaire, avec un afflux important de patients, ce temps de mesure en plus de l’interprétation des lésions n’était pas envisageable. Nous avons souhaité développer un outil d’intelligence artificielle capable de quantifier automatiquement les lésions parenchymateuses dues au COVID 19, en 10 secondes, sans intervention humaine ». Nous révèle le Pr JACQUIER.

C’est ainsi que l’interface Smart Lungs a vu le jour (brevet déposé avec l’aide de la SATT Sud-est).

Le service de radiologie de la Timone 2 avait déjà une certaine expérience en matière d’intelligence artificielle. La première étape pour le développement de ce type d’outil est d’apprendre à la machine à reproduire une segmentation considérée comme la référence. Il faut pour cela fournir à la machine un nombre suffisamment important d’images annotées par l’humain pour que l’algorithme puisse apprendre à les reproduire. L’équipe du Pr JACQUIER a dû, sur chaque coupe de scanner, définir le poumon et les lésions sur un échantillon de 140 patients. Un travail colossal, indispensable pour que l’algorithme soit en mesure de distinguer le normal du pathologique.

« Le logiciel apprend tellement bien, qu’il est plus performant que les opérateurs eux-mêmes. Ses résultats sont davantage reproductibles avec moins d’erreur. C’est un outil extrêmement puissant », explique le Pr JACQUIER.

L’équipe a naturellement voulu mesurer l’intérêt de cette innovation sur le plan clinique, en étudiant les liens entre l’atteinte parenchymateuse pulmonaire et les complications de la maladie sur un large échantillon de 1600 patients. Il s’agissait de déterminer si le résultat de l’analyse par intelligence artificielle permettait de prédire le devenir des malades et de détecter, dés la réalisation du scanner initial, quel malade avait un risque accru d’évolution.

« Grâce à ce travail, nous avons pu mettre en évidence que la quantification des lésions scannographiques par intelligence artificielle permet d’améliorer de façon significative l’évaluation pronostique des patients. En s’appuyant sur ces données, les praticiens peuvent estimer plus précisément le risque évolutif des patients et les orienter au mieux sans perdre de temps ».

Avec l’aide de l’entreprise Nutanix, l’interface Smart Lungs a pu en outre se doter d’un système permettant de visualiser automatiquement les résultats de la quantification des lésions en temps réel sur tous les ordinateurs du service de radiologie. Des innovations extrêmement précieuses dans la lutte contre la pandémie.

Publié le 22/12/2020 par http://fr.ap-hm.fr

Liens médias :
Journal La Marseillaise
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La parole est donnée aux lauréats des prix de thèse AMU de l’I2M, Cathy Swaenepoel et Jonathan Dubois

Dans le cadre de l’Initiative d’Excellence de l’université d’Aix-Marseille (AMU), le prix de thèse est organisé « afin d’encourager la qualité des thèses et motiver les jeunes chercheurs par la distinction des meilleurs travaux, tant fondamentaux qu’appliqués ».
A cette occasion, les lauréats ont été invités à parler de leur sujet de recherche dans le récent Livret officiel des Prix de thèses 2020 édité par l’université, dont :

Cathy SWAENEPOEL, pour sa thèse intitulée : « Chiffres des nombres premiers et d’autres suites remarquables » (directeur de thèse : Joël Rivat, groupe GDAC)

Jonathan DUBOIS, pour sa thèse intitulée : « Dynamique d’électrons pour des atomes soumis à des impulsions lasers intenses polarisées elliptiquement » (directeur de thèse : Cristel Chandre, groupe GDAC)

Yuri Matiyasevich a été accepté au titre de Docteur Honoris Causa de l’université Aix-Marseille, sur proposition de l’I2M

Il est le mathématicien russe qui a résolu le dixième problème de Hilbert.

Yuri Matiyasevich a étudié à Léningrad à l’école N°239 (en), spécialisée en mathématiques et physique (où ont aussi étudié, par exemple, Grigori Perelman ou Stanislav Smirnov). En 1964, il remporte une médaille d’or pour l’URSS aux olympiades internationales de mathématiques, qui se déroulent à Moscou.

En 1969, à l’issue d’une formation au département de mathématiques et de mécanique, il obtient un diplôme de l’université d’État de Léningrad. Il poursuit des études doctorales au sein de l’institut de mathématiques Steklov à Saint-Pétersbourg (LOMI1).

S’appuyant largement sur les travaux de Julia Robinson, il prouve en 1970, l’indécidabilité au dixième problème de Hilbert, source principale de sa renommée internationale. À cette époque, il découvre aussi l’algorithme de Knuth-Morris-Pratt avant ceux-ci.

En 1996, le titre de docteur honoris causa lui est décerné par l’université d’Auvergne.

En 1997, il est élu membre correspondant de l’Académie des sciences russe.

En 2003, le titre de docteur honoris causa lui est décerné par l’université Pierre-et-Marie-Curie (Paris 6).

Il est actuellement le Conseiller RAS* auprès du laboratoire de logique mathématique au PDMI, à Saint-Pétersbourg.

Source Wiki [Fr] [En]

* RAS : Russian Academy of Sciences
 

Cathy Swaenepoel reçoit le prix de thèse Kevin Henriot 2020

Après avoir reçu le prix de thèse Blaise Pascal, Cathy Swaenepoel (IMJ-PRG, Université de Paris) est de nouveau lauréate avec le prix Kevin Henriot 2020.
Après une thèse intitulée Chiffres des nombres premiers et d’autres suites remarquables soutenue en 2019 à l’Université Aix-Marseille sous la direction de Joël Rivat (I2M), elle a effectué post-doctorat à l’Université de Montréal. Elle est aujourd’hui maîtresse de conférences à l’Université de Paris.
Ses thèmes de recherche sont la théorie analytique des nombres, la répartition des nombres premiers, les chiffres, les corps finis.

 

 

Triste nouvelle : décès de Jacques Carmona

Jacques Carmona a été professeur émérite auprès de l’équipe Géométrie Non Commutative de l’ex-Institut de Mathématiques de Luminy (IML).

Hommage par Patrick Delorme

Jacques Carmona est décédé le 30 Septembre  2020 de la conjugaison de plusieurs problèmes de santé et à son absence de motivation pour les surmonter après le décès de son épouse en Avril.

Un temps de recueillement aura lieu crématorium du cimetière Saint-Pierre, lundi à 11h45.
 
Ce fut d’abord un collègue, puis un collaborateur et ami.

Je vais retracer son parcours professionnel.

Né à Marseille en 1934, Carmona est né dans les milieux modestes des quartiers Nord de Marseille.

Comme beaucoup des brillants étudiants des milieux populaires de cette époque, il est admis 1949 à l’Ecole Normale d’Instituteurs.

Après cela, il continue ses études et est reçu à l’Ecole Normale Supérieure de l’Enseignement Technique en 1953. 

Après son diplôme, il enseigne dans l’enseignement secondaire à Boulogne-sur-Mer où il reste jusqu’en 1957.

Il obtient l’Agrégation. Puis il part en Algérie. Il revient au Prytanée Militaire de la Flèche, au Mans (1958-1960).

Finalement, il revient dans le Sud en 1960, où il enseigne au lycée de Salon-de-Provence.

Il s’inscrit à l’Université de Marseille et obtient un D.E.A. (Master) de Physique Théorique, ce qui lui permet de devenir assistant. 

Henri Morel, professeur à Marseille, lui conseilla de lire les articles d’Harish-Chandra, de l’Institute for Advanced Studies, Princeton, qu’il recevait de son ancien directeur de thèse, Laurent Schwartz.

Etant donné la productivité d’Harish-Chandra et son style serré, cette tâche n’était pas facile.

Mais Jacques Carmona s’est épris des mathématiques d’Harish-Chandra et obtient une Thèse d’Etat en 1968.

Il obtient un poste de professeur à la Faculté des Sciences de Luminy à son ouverture en 1968. Il participe pleinement à la période expérimentale qui s’ensuit.

Avec Michèle Vergne, alors professeur au MIT,  il organise une série de conférences en été à Luminy (1974, 1976, 1978, 1980, 1985) qui donnèrent lieu chacune à la publication d‘un volume.

Elles étaient considérées comme des conférences de référence.

Ces conférences ont motivé ma venue à Luminy en 1981.

Dans la décade 1980-1990, Jacques Carmona s’est beaucoup investi dans l’enseignement de la micro-informatique, alors en pleine expansion, et des mathématiques appliquées.

Il a eu plusieurs élèves dont Alain Guillemonat, Jean Marion.  

Sa carrière a étroitement mêlé enseignement et recherche.

Il a toujours suivi de près les études de ses 3 enfants et ses petits-enfants. Voulant inventer un problème pour son fils  en classe préparatoire, il a cherché à s’inspirer de son domaine de recherche.

Il a ainsi établi que 2 Lemmes importants dans  des problèmes de classification de représentations irréductibles de groupes réductifs (Langlands (Princeton), Vogan (MIT)) se réduisent à une simple  projection sur un cône convexe. 
 
Il a été examinateur au petit oral puis au grand oral de Polytechnique : il aimait inventer des exercices et je l’admirais beaucoup aussi pour cela.

En dépit de son investissement dans l’enseignement, Jacques était toujours ouvert aux discussions.

C’est dans les années 90, que notre collaboration est devenue plus étroite, autour de la formule de Plancherel pour les espaces symétriques réels. 

Il établit seul la théorie du terme constant. Puis nous publions 2 articles importants ensemble dont un à Inventiones. 

Ensuite Carmona à continuer à travailler. Nous avons continué à collaborer.

A près de 80 ans, il s’est initié aux groupes p-adiques et il a apporté une idée décisive à notre dernier article écrit ensemble en 2014.

Jusqu’à une période très récente, nous avons eu des échanges fructueux.
 
Il a été tout au long de ma carrière à Luminy, celui avec qui je pouvais discuter de tout. Bien sûr surtout de mathématiques. Mais pas seulement.

Je le trouvais jeune de caractère, toujours modeste, mais sachant, en bon marseillais, avoir le verbe parfois haut : nos conversations mathématiques ont parfois terrifié le couloir.

Il était aussi timide et extrêmement généreux. Mais capable de colères terribles, notamment contre les photocopieuse et imprimantes qui ne fonctionnent pas.

Surement des traits qui le rattachent aux personnages de la légende marseillaise.

Tu as eu une riche vie professionnelle et pour ce que je connais une riche vie familiale.

J’ai eu la chance de t’avoir pour ami et j’en suis honoré.
 
Je garderai toujours avec émotion la mémoire de ta voix claire et de ta parole chaleureuse.
Wiki (en allemand)

Un nouveau directeur pour l’I2M

Peter Haïssinsky prend la direction par intérim de l’Institut de Mathématiques de Marseille (I2M) à compter du 1er septembre 2020. Il remplacera Pascal Hubert nommé à la direction du Centre International de Rencontres Mathématiques (CIRM) et s’entourera des mêmes membres issus de la précédente équipe de direction : Fabienne Castell, Laurent Regnier, Bérangère Carron.

Docteur en mathématiques de l’Université de Paris Sud (1998) et habilité à diriger les recherches de l’Université de Provence (2009), il est aujourd’hui professeur des universités de l’Université d’Aix-Marseille depuis septembre 2016, après avoir été maître de conférences de l’Université de Provence (2001-2012) puis professeur des universités de l’Université Paul Sabatier (2012-2016).

Les premiers travaux de Peter Haïssinsky portent sur la dynamique holomorphe d’une variable complexe auquel il a contribué en s’appuyant sur des méthodes de géométrie quasiconforme. Sa recherche a depuis évolué vers la théorie géométrique des groupes et la dynamique conforme dans les espaces métriques, sujets qui s’entremêlent avec la topologie de basse dimension, les probabilités et les questions de rigidité quasi-isométrique.

L’I2M est depuis sa création en 2014 un grand laboratoire de mathématiques, couvrant un très large spectre allant des sujets les plus appliqués aux plus fondamentaux. C’est un atout dont Peter Haïssinsky souhaite tirer parti en facilitant les interactions entre l’ensemble de ses membres, permettant ainsi d’amplifier le dynamisme, le rayonnement et l’attractivité du laboratoire.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Motion du Conseil de Laboratoire du 29/06/2020

Le conseil de l’I2M du 29 Juin 2020 a adopté à l’unanimité la motion suivante :
« L’I2M est totalement opposé à la LPPR, particulièrement aux postes de type « Tenure track » pour les chercheurs et les enseignants-chercheurs, ainsi qu’à l’augmentation du financement sur projets notamment à court terme au détriment d’un budget récurrent et d’un financement pérenne sur des programmes à moyen et long terme. »


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